Le HCC entre deux saisons – 3e partie : les jeunes et le partenariat Normand avec Luc Chauvel

received_10209250243033657Dernière partie de cet entretien très complet! Luc nous présente son bilan de la première saison de partenariat avec Rouen, les améliorations prévues pour nos jeunes puis un aperçu de la saison prochaine.

Fanatics : Pensais-tu qu’Aurélien Dorey, premier joueur à bénéficier du partenariat Rouen-Caen, aurait une progression aussi fulgurante?

Luc : Franchement c’est ce qu’on espérait. En tout cas, c’est pour ça qu’on est partis dans ce projet là. Mais ça vient de ceux qui mettent en place mais surtout de la personne qui rentre dedans. Et Aurélien à été extraordinaire dans son implication cette saison.

Il a croqué dedans comme un malade. Il a fait pas loin de 70 matchs. Du coup on sait qu’à ces âges-là c’est un moyen de se développer, d’emmagasiner de l’expérience. Avec Rouen, la D1 en demi-finale, il a emmagasiné de l’expérience. On peut aller encore plus loin. On s’est retrouvés dans des situations un peu difficiles aussi bien Caen que Rouen. Rouen aurait bien voulu l’avoir plus souvent pour faire jouer la concurrence. Il pouvait pousser aux fesses de certains. Et puis nous, quand on ne l’avait pas, c’était compliqué parce que je l’avais en tant que 3ème ou 4ème défenseur. Donc c’était compliqué parce qu’il avait une grosse place dans l’équipe. Ce qui était vraiment important dans ce projet-là c’était de ne pas faire de rétention. La plus grosse problématique c’est de voir ses propres intérêts avant de voir ceux du joueur, et ce projet est vraiment dans l’intérêt du joueur, c’est pour ça que ça va marcher. Les dirigeants, et surtout les coachs, doivent se dire: « on est là pour l’intérêt du gamin ». Sur la finale à Rouen il a pris une place sur les deux derniers matchs. Quand tu fais partie d’un projet comme ça avec de la réussite, on est contents. J’y crois énormément. On fait partie de cette boucle-là et je pense qu’en France c’est l’avenir du hockey. On a 20 000 licenciés, pas beaucoup de matchs et là , on va avoir trois générations de joueurs qui vont se retrouver à la rue avec le changement U22/U20. Ceux qui sortent, comme Aurélien, qui seront seniors automatiquement, les 95 et les 96. Ce développement des licences bleues est important. La maturité d’un joueur est compliquées  avoir à 17/18 ans. Il n’y a pas suffisamment de concurrence dans les championnats jeunes pour qu’ils soient matures tout de suite. Il faudrait qu’on puisse pousser un peu plus les licences bleues jusqu’à 22/23 ans même, pour leur donner de la maturité. Dans le processus d’Aurélien, on pourrait pousser encore plus les choses en lui donnant plus de responsabilité sur les power play ici. Si on veut aller plus loin dans le développement d’un joueur on peut encore continuer à perfectionner.

CFB_IMG_1453726151289ette année, le suivi physique a été fait un peu à l’arrache. Ça fait partie des points négatifs qu’on veut améliorer. On a eu de la chance qu’Aurélien soit vraiment de bonne composition. Il n’y a pas eu de blessure. Par contre, on a deux staffs qui sont solides. En cas de fatigue ou de douleurs c’était tout de suite pris en charge. Mais il ne faut pas qu’on se dise que ça va se passer comme ça tous les ans. Il faut qu’on soit encore plus pointilleux dans notre travail en interaction. D’où l’idée de doublé, qu’on va développer l’année prochaine, avec Vincent Nesa et Fabien Colotti. Eux sont à fond dans le projet. Aurélien est notre meilleur ambassadeur. Ils ont vu que ça fonctionnait et ils ont confiance en nous. C’est important la confiance dans un projet comme ça. Surtout maintenant, à la course aux jeunes français, il y a beaucoup de choses dites, mais dans les actes c’est pas toujours ce qui a été dit au mois d’Avril ou de Mai quand on voulait faire signer un gamin. Là, ils ont confiance dans le technicien. Il y a des candidats, on a du potentiel. L’objectif c’est de pouvoir donner de la glace à des très jeunes joueurs avec énormément de potentiel. Et aujourd’hui je suis prêt. Je pense que la D2 c’est un championnat très bien pour développer nos jeunes joueurs. Ça va me permettre d’avoir une vraie dynamique et d’insuffler quelque chose au sein du groupe.

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Je veux qu’on soit une référence là-dessus pour que d’autres clubs, à un moment donné, se disent “ça peut être intéressant de faire ça”. Ça m’embête de voir certaines équipes obligées de mettre des joueurs sur le banc pour faire le nombre de Français sur la feuille de match. En D1, ça me perturbe quand même. On devrait pouvoir donner de la place à des jeunes joueurs. C’est sur qu’il faut accepter les erreurs, que tout ne soit pas nickel, c’est sur qu’il y a la pression des résultats. Mais si on veut que le hockey Français se développe encore, notamment avec l’arrivée de cette ligue professionnelle, il va falloir que la D1 soit l’antichambre de la Magnus pour les jeunes joueurs français. Il y a de très bons jeunes joueurs mais ils ont besoin de se confronter à la réalité, de se rendre compte que jouer les power-play et les premiers rôles en Magnus, ce n’est pas tout de suite. Il y a des étapes à passer. Ce qu’on a réussi comme pari avec Rouen c’est qu’on a un discours commun qui crédibilise tout ça, et qui montre que la D1 ce n’est pas péjoratif comme pouvaient penser certains joueurs. Moi je leur dis : “Actuellement, tu es 8ème défenseur en Magnus? Viens prendre des responsabilités en D1 et tu pourras prétendre à autre chose après.”

received_10209250243073658C’est un travail sur le long terme, mais c’est très bien engagé pour passer une étape supplémentaire la saison prochaine. Les dirigeants de Caen et de Rouen sont prêts à repartir et à accentuer encore plus ce projet-là. Que cela devienne une passerelle à la fois pour des Rouennais mais aussi pour des Caennais en D2, en U20. Ce sont des passerelles vraiment importantes. On a un peu plus de temps. L’année dernière ça s’est fait très vite. Pourquoi pas recruter des étrangers avec une passerelle vers le haut. Une collaboration encore plus intensive. Pour le coup ça va prendre du temps. Ça va nous permettre d’avoir des jeunes joueurs de très bon niveau. Moi ce que j’espère c’est pouvoir toucher des futurs espoirs du hockey français et de pouvoir les voir grandir chez nous de temps en temps. On va pouvoir commencer avec des joueurs très intéressants l’année prochaine.

 

Fanatics : Et nos juniors, quelle est la place qui leur est faite?

Luc : On accentue notre axe développement autour d’eux. L’objectif c’est qu’ils puissent devenir titulaires de l’équipe première des Drakkars, et de les accompagner vers le haut niveau. Les licences bleues nous permettraient de leur donner plus de matchs. Et si un jeune Caennais perce au sein de l’équipe première, derrière il a un accès direct vers Rouen. Moi j’ai  eu la chance d’avoir été recruté par Rouen à 20 ans, mais il fallait qu’ils se
received_518631258302120déplacent pour venir voir. Aujourd’hui, on est très souvent en contact ensemble. Les mailles du filet vont se refermer pour nous là-dessus aussi. Pour les nouvelles générations, il y a énormément de travail et je pense que ces étapes là U20, D3, D2, D1, j’espère qu’on va leur permettre de faire un nombre de matchs conséquent pour se développer un peu plus. Il y a du talent, il faut qu’il y ait une maturité physique aussi, parce que le hockey a bien changé. Je me souviens qu’à l’époque on commençait en senior à 17/18 ans. Aujourd’hui à 17/18 ans pour jouer en D1, avec le volume qu’il y a en face, il faut être prêt physiquement. On a tout ça en place à Caen, on les développe physiquement. J’espère qu’on va avoir une salle de musculation qui va ouvrir. Parce que ça manque dans notre structure. On a besoin que les garçons poussent de la fonte, prennent du poids, de l’explosivité. Et ça demande une structure importante. On avait du retard là-dessus, mais là j’espère que ça va être bon. Au lieu d’être matures physiquement à 19/20 ans, ils vont l’être à 17/18 ans. On aura plus qu’à mettre les derniers coups de vis pour la mécanique. Même chez les plus jeunes, il y a de bonnes générations qui arrivent. Mais toute cette structuration prend du temps à arriver. Depuis que j’ai commencé dans le mineur, l’objectif c’était de pouvoir alimenter de 1 ou 2 joueurs l’équipe première tous les ans, ne pas être obligé d’attendre la génération spontannée.

 

Fanatics : Comment vois-tu la prochaine saison?

Luc : Pour l’équipe, j’ai déjà une idée de ce que je veux voir. Le profil de l’équipe changera en fonction des options qui tomberont ou qui signeront. C’est toujours de la même façon DSC_0413.1que ça se construit une équipe. Par rapport à la D1, si ça reste comme ça, avec Lyon et Briançon qui descendent, ça va être un très beau championnat, de haute volée. Ça sera encore plus relevé donc encore plus intéressant en terme d’intensité et de présence dans les matchs.

Mon objectif aujourd’hui c’est d’avoir une équipe qui met de l’énergie, qui pousse les autres dans leurs retranchement. C’est un peu ça que je veux voir. Après tout peut être ouvert. Je veux garder cette dynamique de fin de saison, compter sur cette équipe compétitive.Quand tu débutes une saison, l’idée c’est d’être très ambitieux. Je pense qu’on ne va pas encore parler d’objectifs puisqu’ils vont être définis avec l’équipe qu’on va monter, mais il n’y a rien d’écrit dans le marbre. Cette année, on avait pas construit une équipe pour dominer la ligue. Mais avec les qualités de cette équipe, l’objectif était clairement le haut de tableau. On a vu qu’on en était loin. Il a fallu se battre pour aller en play-offs, où tout est possible. Et on a fini avec cette demi-finale.

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