Le HCC entre deux saisons – partie 4 : Entretien avec Mickael Mairand

Mickaël Mairand est vice président du HCC en charge du senior depuis deux ans. Il a accepté de répondre à nos questions pour cette série d’interviews estivales. L’occasion de regarder le fonctionnement de la structure du club : Comment naissent les projets? Comment les bénévoles de l’association participent au résultat sportif du club? Comment on fait pour gérer un club sportif de haut niveau, entre les attentes des bénévoles, des salariés, des sponsors et des supporters?

MMairand
Mickaël Mairand au centre aux côtés de Jean-Christophe Gautier, Thiery Poudrier et Luc Chauvel. Photo http://www.hockeyclubcaen.com


Fanatics : Quels sont les atouts du HCC dans le paysage Caennais?

Mickaël Mairand : Ils sont multiples : un sport spectacle et un club structuré, ce qui n’est pas forcément le cas d’autres organisations sur la place caennaise. Maintenant, tout n’est pas si beau. Notre problématique c’est déjà les résultats : le public local est assez versatile et suit plutôt les équipes gagnantes. Et je dirais qu’on souffre du fait qu’on est un sport mineur et que ce sport se vit dans les patinoires, pas à la télé. A contrario d’autres sports qu’on peut regarder et qui sont portés par les résultats des équipes nationales ou des grandes équipes. Vous aurez compris que je parle du hand et du basket. Effectivement, on a des atouts, à nous de poursuivre notre travail au quotidien pour faire reconnaître ce que peut être le hockey sur glace en terme de valeurs et de spectacle. Pour cela il est nécessaire que la structure du club et sa viabilité soient solides.

En effet par le passé, économiquement,  on était sur la corde raide pour  x ou y  raisons que je ne souhaite pas juger puisque je n’étais pas là. On était un peu en surchauffe en ligue Magnus, économiquement parlant. Ça a aussi joué sur les résultats. Là, on change de cycle pour le HCC. Ce nouveau départ a été signifié l’année dernière avec l’arrivée de jeunes dont Aurélien Dorey, et le partenariat avec Rouen qui est venu alimenter l’effectif de l’équipe. Et qui va se renforcer cette année pour prendre cohérence dans le projet du club de donner toute sa part belle à la formation.  Il y aura une corrélation entre tout ce qu’on peut faire sur le hockey mineur et tout le bénéfice qu’on peut en retirer sur le hockey senior. Ce n’est pas forcément aujourd’hui tout à fait le cas.
Fanatics : Et aujourd’hui la situation économique s’est améliorée?

Mickaël Mairand : Clairement aujourd’hui, je vous le dévoile en avance de l’AG en Juin, on va présenter un résultat positif. On avait deux ans pour rétablir les comptes et on a fait plus de la moitié du chemin. Donc on est en avance sur les temps de passage prévus. Malgré une année qui n’a pas été simple notamment sur la partie billetterie, où on a souffert pour des raisons de résultats un peu compliqués sur la période Octobre à mi-Décembre, plus la concurrence d’autres sports sur le périmètre Caennais. C’est une vrai satisfaction.

FB_IMG_1453726054939On a payé par le passé pour avoir été les très bons élèves et avoir voulu anticiper les cahiers des charges de la Fédé, et de s’être mis à mal financièrement alors que d’autres n’avaient pas forcément joué le jeu. On est plutôt dans une situation de prudence. Aujourd’hui le passage en SASP pour l’équipe première n’est pas à l’ordre du jour parce que ce n’est pas une obligation pour s’engager en D1. Donc si ce n’est pas obligatoire, on y va pas car cela aurait un impact économique non neutre, notamment sur les charges patronales qui changent de régime. On a pas les épaules pour amortir ce changement. On a les épaules pour vivre correctement en association en D1.

Cette année, le budget est en baisse mais à la marge. Je dis légèrement en baisse parce qu’on a subi la diminution des subventions municipales. Mais la mairie s’est engagée à ce que ça soit la dernière. Pour le conseil départemental c’est un peu tendu, et pour la région ça se maintient. Je parle d’eux parce qu’ils représentent 30 à 40% du budget. On est pas en danger sur l’objectif d’avoir une équipe compétitive pour jouer les play-offs. Ce qui est notre objectif clair.
Fanatics : Est-ce qu’on accepterait un gros sponsor comme à Toulouse ou Mulhouse?

FB_IMG_1453726140690Mickaël Mairand : On attend que ça! Le premier gros mécène comme Gamyo ou Synerglace qui arrive on l’attend les bras ouverts! Mais aujourd’hui, je dirais qu’on a pas encore réussi à l’identifier sur le territoire caennais. Ne pas avoir de mécène est aussi une force. On est pas soumis à un sponsor titre, où tout passe par lui, etc… On a une multitude de partenaires, environ 80 qui nous suivent, avec un budget de partenariat privé de 180 000 euros, soit un panier moyen à 2500 euros. Donc si tu en perds un, ce n’est pas catastrophique. Mais ça ne nous permet pas de consolider, de passer des tailles critiques. Aujourd’hui je pilote plus le partenariat au sein du HCC, en lien avec Brice Chauvel. On a eu le départ de Christian Bodin qui voulait voir autre chose. On le remercie parce qu’il nous a permis de stopper cette spirale infernale, de prendre le temps de nous structurer, et à fin Mai, on est à un peu plus de 100 000 euros côté partenaire,  en ligne avec nos prévisions. Donc ça se passe bien, et tout le bénéfice en revient à Brice qui gère le renouvellement du partenariat sous ma coordination. On est toujours en train de chercher la solution d’un chasseur. Comme sur l’organisation des entreprises on a des services client qui s’occupent des clients en place, et des commerciaux qui vont chercher des nouveaux clients. On recherche toujours ce type de profils. On a eu 3/4 pistes qui n’ont pas abouti parce que ce n’est pas simple, qu’il faut que ça corresponde en terme d’hommes. Mais le budget est construit uniquement sur du renouvellement donc pas de problème.

On a des projets d’augmentation du nombre de sièges mais il faut montrer qu’on est capables de les commercialiser. Il va falloir qu’on travail là-dessus. On a senti cette année, que côté collectivités on avait des personnes qui nous écoutaient, et qui comprenaient que notre projet est viable et solide.
Fanatics : Du côté du club, y a-t-il des améliorations prévues, notamment pour la boutique?

Mickaël Mairand : Le fonctionnement de la boutique repose sur des bénévoles qui sont prêts à s’investir sur ce sujet. Si je n’ai pas de bénévoles, je ne peux pas faire. En plus quand vous êtes tendu économiquement, il n’y a pas de marge de manœuvre pour acheter des stocks, donc c’est compliqué. La boutique, c’est un des sujets évoqués avec Brice : un lieu accueillant plutôt qu’une table sur deux tréteaux. On est conscients de tout ça. Seulement, il y a tellement à faire, qu’on doit fixer des priorités en fonction du temps disponible des uns et des autres. C’est un vrai sujet qu’on a dans nos tablettes où figurent déjà les maillots, les partenaires, la présentation de l’équipe, le club power play pour les partenaires. Je parle beaucoup des partenaires puisque sans eux, le club n’est pas économiquement viable. Sans les bénévoles, il n’y a pas de club. Et sans les supporters, il n’y a pas d’âme. Donc il faut qu’on arrive à gérer intelligemment cet équilibre. Par exemple, cette année il va y avoir des doudounes offertes par un partenaire pour les bénévoles, pour reconnaître leur travail.

1918465_1079893495389798_8125730445071620073_nCôté animation, on consolidera tout le travail qu’a fait Cyrille Bonne sur les tiers temps. C’est aussi une manière d’attirer le public. On travaille toujours avec la banda étudiante qui est venue en fin de saison et qui va se consolider pour l’année à venir. Cyrille va aussi être un élément essentiel dans le lien entre le club et les supporters. C’est important pour l’âme du club, de faciliter les accès aux supporters, afin qu’ils soient le facteur X de l’équipe.

Côté structuration aujourd’hui, les membres du bureau prennent chacun des sujets les uns après les autres. Le positionnement de Brice nous aide. Il joue l’interface, et a une grande présence. Dans le bureau, on a tous un emploi professionnel à côté donc la disponibilité n’est pas toujours simple. Alors la boutique , c’est un sujet qui devrait aboutir dans la saison ou la saison prochaine. Il faut aussi être sur d’avoir les bénévoles qui s’investissent !!

Les intéressés peuvent se présenter à Nathalie à l’accueil du secrétariat, et laisser leurs coordonnées, on va les rappeler! Il n’y a aucun soucis là-dessus! (rires…) On cherche du monde pour épauler l’équipe en déplacement pour les grands voyageurs, pour le projet de boutique, mais aussi les buvettes, l’accueil des partenaires… On ne manque pas de besoins.
Fanatics : Comment le HCC voit le partenariat engagé avec Rouen?

Mickaël Mairand : C’est une chance mutuelle. Pour Rouen ça leur permet de donner du temps de jeu à des garçons pour les faire plus rapidement grandir avec l’investissement qu’ils mettent sur la formation.

Nous offrons donc du temps de jeu à des garçons qui n’en auraient pas eu autant en Magnus. Parce que l’investissement de Rouen nécessite que les résultats soient au rendez-vous. Et faire jouer des garçons en licence bleue à Caen leur permet de progresser. On voit le parfait exemple d’Aurélien, qui était 7° défenseur à Rouen et qui est aux portes de l’équipe de France et 6° défenseur. Du côté de Caen, ça nous permet de toucher des garçons qui sont des internationaux des jeunes catégories. Ils peuvent venir s’éprouver et s’enhardir au niveau D1 chez nous. Et ça à moindre coût.

FB_IMG_1455618960924C’est un cercle vertueux. Aujourd’hui ça fonctionne en descendant mais demain, ça va aussi fonctionner en montant pour nos jeunes puisqu’ils vont pouvoir s’aguerrir en U20 élite ou en D2. C’est bien une chance pour les deux clubs. Les garçons vont pouvoir s’épanouir au niveau de jeu qui est le leur, pas de les mettre en difficulté sur un niveau trop fort, ou de les ennuyer en surnageant. C’est le travail des entraîneurs de Rouen et de Caen, d’identifier les joueurs qui peuvent faire vase communiquant dans les deux sens. On a pas encore eu de réunion avec les dirigeants Rouennais. A l’heure actuelle, c’est un projet qui repose sur les hommes : Ari Salo, Fabrice Lhenry et Luc Chauvel, mais on veut consolider cela. Nous avons d’ores et déjà prévu de rencontrer Thierry Chaix. C’est aussi intéressant pour nous en terme de recrutement. On peut dire : vous faites un an chez nous demain, les portes de Rouen peuvent s’ouvrir. Et tout cela en gardant notre identité, nos valeurs de travail.

Aujourd’hui on est destinés à être un club de D1 qui se repose sur la formation. Donc nos intérêts et ceux de Rouen se recoupent totalement toutefois Il n’y a aucun projet dans les cartons que Caen devienne une filiale du RHE. Mais en même temps il n’y a pas de honte à être un club qui développe des jeunes.

A l’heure actuelle, on estime que remonter en Magnus demande un budget d’1.5, 1.6 Millions d’euros. Bon an mal an; notre budget est aux alentours de 850 000, la moitié sur la D1 et le reste sur le mineur. La marche est haute pour aller chercher la Magnus. Il faut être réaliste, ça ne va pas se faire en un claquement de doigt. Et il y a un vrai frein, c’est l’outil patinoire, à la fois en terme de capacité, de qualité visuelle. En loges partenaire, ce n’est pas l’endroit où on voit le mieux. Pourtant c’est ceux qui paient le plus cher pour venir voir le match. Donc, il faut qu’on travail sur le réceptif. Il y a plein de sujets comme le toit en poutres inversées qui pose des problèmes, il pourrait aussi y avoir une brasserie pour fédérer les supporters. Mais on aura pas ça, en tout cas pas ici. Et le projet de l’agglo en terme d’infrastructure sportive c’est un palais des sports à horizon 2020, mais sans le hockey. Je ne peux pas leur reprocher de privilégier le hand et le basket, parce que l’outil palais des sports n’est pas mieux que la patinoire. Et il y a 3000 personnes à chaque match, tous les week-ends, et ce sont des sports qui sont aussi dans l’ADN Caennaise. Donc pour une nouvelle patinoire, il ne faut pas s’emballer.
Fanatics : Comment voyez-vous le club et l’équipe au sein de la D1?

Mickaël Mairand : On se voit comme un club structurant de la D1, une équipe chez qui il sera compliqué de venir gagner chaque année, pour faire de cette patinoire de Caen-la-mer une vraie place forte pour son équipe de D1. Et un équipe qui sera un candidat sérieux aux play-offs chaque année. Après c’est du sport, même si on avait un budget surdimensionné… ça ne fait pas tout.

received_518631354968777On a une bonne préparation physique. Il n’y a qu’à voir le nombre de blessés sur l’année. J’ai fait plusieurs déplacements dont Anglet, et il y a quelques sujets que je pense qu’on peut améliorer. Par exemple, on veut beaucoup moins d’instabilité à l’extérieur sur le plan de la préparation mentale. On ne peut pas prendre si peu de points à l’extérieur. Il faut absolument qu’on se mette en mode commando quand on est à l’extérieur. A domicile, il n’y a pas grand chose à dire, hormis le match contre Cholet. 5-0… Tout le reste globalement, ça va. On est exigeant, mais c’est parce qu’on croit dans l’équipe.

Cette saison, on a eu la traversée du désert entre les deux matchs face à Toulouse… Ça fait long. J’imagine que les supporters et les spectateurs voyaient difficilement le bout du tunnel mais je peux vous assurer que les dirigeants les premiers ont eu un peu mal à la tête. Moi je ne viens pas du hockey donc je reste plutôt humble. J’apprends. Mais avec Luc, on échange de plus en plus, j’apporte ma vision extérieure. On échange sur les pistes pour le recrutement. Il a une oreille attentive de notre côté. On l’avait peut être laissé un peu seul, donc on va être là pour l’épauler sans lui mettre des bâtons dans les roues. Pour faire gagner le hockey à Caen.

Inconsciemment, la saison régulière a laissé des traces. Il ne faut pas se laisser aveugler par la très bonne série de play-offs. Cette années, on cherche un équilibre d’équipe, avec un leitmotiv d’asseoir la défense pour ne pas mettre Quentin « trop » sous les feux de la rampe. Pour les cadres, on a du leur proposer une option semi-professionnelle, en lien avec leur age et  une future reconversion, comme Thibault fera à Marseille mais on en received_518631601635419pouvait pas lui proposer ce type de poste chez nous. Après Damien et Hugo partent chacun à l’aventure. C’est très bien, et j’ai été agréablement surpris. C’est la finalité de la formation. Mais ce que je regrette aujourd’hui, c’est que les clubs formateurs ne soient pas rétribués lors des transferts. Je saurais en parler en temps voulu à la Fédé. La D1 sera un sacré championnat cette saison. Enfin, Karl, on a fait le maximum qu’on pouvait pour le garder. On lui a fait une offre en Février avant les play-offs. On est un peu déçus qu’ils partent en D1. Quitte à ce qu’il parte, on aurait préféré le voir en Magnus. Ce n’est pas le cas, et on lui souhaite le meilleur. On a également  été en contact avec Jaroslav Prosvic, mais on ne peut pas s’aligner sur les propositions de Briançon.

On veut une équipe de besogneux mais qui vivent hockey. Des besogneux ambitieux. On a le plaisir de resigner André Ménard, de resigner Quentin, qui est le premier joueur à nous avoir dit : « Je veux refaire une année, je veux vous montrer que vous avez eu raison de me faire confiance » On continue avec Yoann, Alex Palis. Ce sont des garçons qui vivent le hockey à Caen. Côté recrutement on a déjà Matias Simontaival et Mathieu Joerger. On devrait avoir d’autres annonces d’ici une semaine, quinze jours. Au final, on a des jeunes talentueux qui en veulent, une défense qu’on va asseoir et un gardien qui va faire une top saison j’en suis sur.

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